Archive de la catégorie «Le Collectif 2007 dans la presse»

Paru dans la revue Lien social du 14 décembre

décembre 17, 2006

Le Collectif 2007 pour une action citoyenne

Par Guy Benloulou

Il y a quelques mois, le Collectif 2007 s’est constitué dans un quartier dit « difficile » de Paris. Il s’est fixé comme objectif de faire en sorte que les jeunes en difficulté s’inscrivent sur les listes électorales. Ce collectif sans statut spécifique rassemble des gens d’horizons divers, tous membres actifs à statut égal. Nadia Méhouri, aide-soignante, est membre du collectif et présidente de l’assoce2luisa qui emmène des jeunes du XIXe en province sillonner les routes à vélo à la rencontre des habitants pour faire un peu tomber les barrières entre citadins et ruraux. Entretien

En quoi votre collectif et les actions que vous menez favorisent-ils l’inscription citoyenne des jeunes dans les quartiers difficiles ?
Le Collectif 2007 permet de créer des liens de confiance et de solidarité qui sont rarement proposés aux jeunes. Cela permet à certains de découvrir la politique, l’implication citoyenne, la mixité sociale, culturelle, religieuse, qui font partie des caractéristiques du collectif. Cette démarche favorise le dialogue sur des sujets qu’ils abordent peu ou pas et avec des personnes qu’ils n’ont pas l’habitude de côtoyer. Cela leur permet de sortir de leur milieu et leur redonne confiance en leur avenir. Ils prennent conscience de l’utilité du vote pour se faire entendre.

Comment respectez-vous la neutralité politique vis-à-vis des jeunes que vous côtoyez ?
Notre neutralité commence après la droite sarkozyste et Jean-Marie Le Pen… Cela dit, nous avons le projet, lorsque tous les candidats se seront déclarés, de présenter sur notre blog tous les partis « traditionnels », de l’extrême droite à l’extrême gauche – nous citerons également les « petits candidats », mais sans doute les regroupera-t-on en expliquant un peu leur programme ou leur position sur quelques points précis. Nous cherchons à intéresser un maximum de gens à la politique, y compris ceux qui jusqu’ici s’en sentent très éloignés. Notre démarche est citoyenne, mais aussi politique puisque le point de départ de notre collectif était de faire réagir les gens sur la montée en puissance de Sarkozy et de Le Pen, et de fédérer un maximum de personnes autour de valeurs totalement opposées à celles qu’ils prônent (mixité, défense des sans-papiers, lutte contre les discriminations, etc.). Nous aimerions faire disparaître le sentiment de distance entre le monde des politiques et les préoccupations réelles des gens, retrouver un dialogue et un échange d’égal à égal. Nous avons le projet, une fois la limite d’inscription sur les listes électorales passée, d’instaurer un dialogue avec quelques candidats proches de nos valeurs et de leur faire entendre notre réalité, afin que nous puissions aller voter en fonction des réponses que nous aurons obtenues.

Comment sont perçues vos actions, d’une part par les habitants des quartiers, et d’autre part par les élus ?
Les gens du quartier sont réceptifs. Beaucoup se disent prêts à se mobiliser. Finalement, l’aspect « positif » de Sarkozy est qu’il fédère bien les gens… contre lui ! Quand on parle de notre démarche à travers le collectif, elle interpelle souvent, on sent à la fois un grand besoin de changement et une peur de l’avenir chez de nombreuses personnes. Nous avons présenté le Collectif 2007 lors d’un conseil de quartier du XIXe, ce qui a suscité des réactions chez des personnes présentes ce soir-là qui ont demandé à avoir nos coordonnées pour suivre le projet et y participer. En revanche aucun élu n’a été réactif, à l’exception d’une élue « verte » qui suit notre projet depuis le début, mais à titre personnel.

Quels sont les écueils que vous rencontrez vis-à-vis des jeunes et des partenaires institutionnels ?
Avec les partenaires institutionnels, les écueils sont inexistants puisque nous n’avons pour le moment pas de soutien de ce côté-là. Avec les jeunes, une des difficultés est qu’il faut, pour certains, les relancer fréquemment pour entretenir leur implication (ce n’est pas le cas pour tous), les accompagner dans certaines démarches (inscription sur les listes électorales en particulier), assurer une continuité dans notre action avec eux. D’autre part, le dialogue autour de certains sujets (droits des femmes, écologie, etc.) n’est pas toujours évident, les a priori sont parfois durs à faire tomber du côté des jeunes comme du côté des moins jeunes qui se rencontrent à travers le collectif. Il nous semble qu’il reste beaucoup à faire et à dire sur ce thème de l’ouverture à l’autre, de l’acceptation de sa différence, mais que la volonté de communiquer est énorme. C’est aussi ce sentiment de solidarité qui nous semble primordial pour notre projet, mais à plus grande échelle, pour la France de demain que nous espérons voir sortir de son individualisme.

Compte rendu par le Bondy Blog

décembre 15, 2006

Voici l’article qui rend compte de la renconte organisée le samedi 9 décembre à la mairie du 19e (Paris) par le Collectif 2007… On voit qu’il y a eu de la discussion et des questions soulevées. Notre prochain objectif va être de chercher comment y répondre. A suivre.

Voter contre ou vote tout court

Désaccord entre associations de quartiers

Samedi 9 décembre 2006 était organisée une réunion-débat à la mairie du XIXème arrondissement de Paris, à l’initiative de L’assoce2luisa et de Collectif 2007, grâce au soutien du conseil de quartier de cet arrondissement. Créée à la suite des émeutes à l’initiative de Nadia MEHOURI, L’assoce2luisa a pour vocation d’organiser des séjours de jeunes de quartiers dans le monde rural afin de les faire rencontrer aux habitants de la France profonde qui, souvent, ne connaissent la jeunesse banlieusarde qu’à travers les images catastrophées des médias.

Le thème de la rencontre portait sur l’inscription des jeunes sur les listes électorales, sujet phare du moment. Parmi les invités, l’association AC LE FEU que l’on ne présente plus, le Bondy Blog et le rappeur Mokobé du groupe 113, invité surprise apparu à la fin de la rencontre.

L’inscription des jeunes (de quartiers entendez) sur les listes électorales, un des enjeux des prochaines élections présidentielles ? Sûrement. A première vue, l’initiative consistant à inciter les moins de 20 ans à utiliser le vote comme une arme citoyenne et noble est unificatrice. Pourtant, il semble que les différents acteurs de terrain, dont les protagonistes de cette rencontre, ne soient pas du tout d’accord sur la manière de faire.

 

Tout commence par l’intervention d’un rappeur, RUST. Au micro, lancé dans un discours passionné, RUST affirme « que si au 2ème tour c’est SARKO contre LE PEN, je ne voterai pas SARKO ». Applaudissements dans la salle. Détail : plusieurs jeunes portent un t-shirt avec un panneau rouge dans lequel figure la mention « STOP SARKO ».

C’est ce qui a fait réagir les représentantes du collectif AC LE FEU. Pour Fatima HANI, secrétaire générale et porte-parole de ce collectif, encourager les jeunes à aller s’inscrire sur les listes électorales, « ce n’est pas les orienter vers tel ou tel candidat. Aujourd’hui, nous sommes invités pour aller dans le même sens mais nous sommes tombés dans un traquenard. On n’a pas à embrigader les jeunes en leur remplissant le crâne avec des « Stop Sarko », les jeunes ne sont pas des moutons, ils doivent se faire leur propre opinion. Nous sommes un collectif apolitique, nous ne pouvons donc nous permettre d’orienter le vote de ces jeunes que nous essayons aujourd’hui de convaincre d’aller s’inscrire ». Visiblement peu soutenues par les jeunes qui veulent stopper Sarko, les deux membres d’AC LE FEU quittent la salle. En aparté, je demande à ces dernières de m’expliquer leur point de vue, moi-même intéressée par la question puisque ne sachant pas pour qui voter en 2007. Pour Fatima HANI et sa collègue Samira, il aurait fallu baser cette rencontre sur un apprentissage aux jeunes, leur expliquer ce qu’est un suffrage, leur faire comprendre qu’il existe plusieurs élections. En effet, « les présidentielles de 2007 ne sont pas seules au programme, il y aussi les élections législatives, et surtout, les élections municipales. C’est par les élections municipales qu’on peut faire bouger les choses, et par là aussi qu’on peut faire voter nos parents immigrés ». Un combat au niveau local donc.

A l’inverse, Nadia MEHOURI, organisatrice de cette rencontre, se fixe pour objectif de motiver les jeunes. Et les moins jeunes aussi. Elle ne croit pas en la droite

« Moi-même j’ai 35 ans et je ne sais pas pour qui voter aux prochaines présidentielles ! On nous reproche aujourd’hui de ne pas nous limiter à expliquer aux jeunes la définition d’un suffrage ou d’une élection. Si on l’avait fait de cette manière, les jeunes ne seraient pas venus ! Ils ont besoin de concret. » Une autre membre de Collectif 2007, Charlotte, nous rejoint et m’apprend que dans la salle, les parents d’un ami, la cinquantaine et pas immigrés de surcroît, sont venus écouter le débat parce qu’eux-mêmes ignorent pour qui voter aux prochaines élections présidentielles. Visiblement, les jeunes ne sont pas les seuls à ne se reconnaître dans aucun parti politique.

Le concepteur du t-shirt qui fâche, Zola, un ancien membre de La Maison des Jeunes en Suisse explique pour sa part qu’il ne comprend pas pourquoi un « Stop Sarko » peut choquer, « avec ce t-shirt, on a voulu créer une sorte d’effet boule de neige, nous sommes en démocratie donc on n’a pas à avoir peur de s’exprimer. Si on avait voulu choquer, on aurait choisi d’autres mots pour notre t-shirt. Pour nous, l’idée c’est stoppe-le (ndlr Nicolas SARKOZY) en allant voter. Et puis, il n’y a pas de raison de faire polémique là-dessus : il existe bien des t-shirts, briquets et tongs ‘ allez Sarko ‘. Nous, on a pas les moyens financiers de Sarkozy, ni le même impact dans les médias, personne ne parle de nos t-shirts on est loin derrière »

 

Mourad, un rappeur de groupe Skred Connexion, explique qu’en 2002, il a été contraint de voter Chirac au deuxième tour, et qu’il n’a « plus jamais envie de le refaire, et le moyen d’éviter ça, c’est que nous nous exprimions à travers cette possibilité de vote avant qu’il ne soit trop tard, ça fait douze ans que la droite est au pouvoir, il faut que ça change. Après, ça ne signifie pas forcément voter PS, et puis, de toute façon, il faut se préparer à des déceptions même si la gauche passe. Nous risquons d’être déçus parce que nous ne sommes pas représentés ».

Selon lui, l’avenir peut cependant changer dans le bon sens.

Cela doit passer d’abord par un engagement citoyen de la nouvelle génération votante, puis par une implication de celle-ci dans la politique, pour faire des petits élus qui deviendront grands. L’idée est séduisante et montre bien qu’il y a un problème en France. Les politiciens ne se sont jamais sérieusement préoccupés de régler la question des banlieues, et plus encore de la question de la représentativité des minorités dans les allées du pouvoir. Si ça continue, il n’est pas impossible de voir demain des partis politiques du type « Blacks Blancs Beurs » apparaître, avec le risque de tomber dans le communautarisme. Ceci pose évidemment la question cruciale de la discrimination positive. Pour beaucoup, elle est l’unique solution. Mais est-ce que des initiatives comme les conventions d’éducation prioritaires lancées par le prestigieux Institut d’Etudes Politiques de Paris suffiront à débloquer l’ascenseur social aujourd’hui en panne ? Est-ce que choisir des talents parce qu’ils sont noirs ou arabes, ce n’est pas une façon de calmer la population qui, d’après le dernier rapport du Haut Conseil à l’Intégration,se dit prête à 75% à voter pour un candidat issu de la diversité ?

Il ne faut pas se leurrer, la discrimination positive, ce n’est pas l’égalité des chances. Ces deux expressions antinomiques ne peuvent constituer une équation équilibrée. En somme, l’équation à résoudre comporte une inconnue qui constitue l’un des enjeux politique et social des années à venir.

Hanane Kaddour

http://yahoo.bondyblog.fr/

Nouvel article du Parisien

décembre 12, 2006

Un article du Parisien daté du 11 décembre.

Cet article relate honnêtement ce qui s’est passé au début de la rencontre organisée par notre Collectif (dans le cadre d’un conseil de quartier du bassin de la Villette), mais nous voulons y apporter quelques précisions :

    rLe titre de l’article ne nous paraît pas refléter notre démarche puisqu’il semble dire que notre collectif n’a pas fait d’appel au civisme mais uniquement de l’anti-sarkosisme*, ce qui n’a pas été le cas…

  • r La légende indique qu’il y a eu « affrontement verbal » entre le Collectif 2007 et ACLefeu, or, cet affrontement s’est déroulé entre Rost et ACLefeu.

  • r La journaliste est partie peu après ACLefeu (vers 16 h), mais la suite de la rencontre s’est déroulée comme prévu, jusqu’à 19 h, avec les interventions de plusieurs autres invités : Morad, de Scred Connexion, Mokobe du 113 et Kohndo, ainsi que la projection d’un film réalisé par le Conseil de la jeunesse de la mairie du 19e pour expliquer pourquoi et comment s’inscrire sur les listes électorales, et un « intermède musical » pendant lequel quelques jeunes rappeurs ont chanté.

article-parisien.jpg

*Nous saisissons cette occasion pour préciser un aspect de notre démarche qui nous est reproché par certains : nous sommes anti-sarkosistes et nous l’assumons, mais notre but n’est pas d’aller « recruter » de nouveaux « anti-sarkosistes ». Cet anti-sarkosisme est partagé par un bon nombre de jeunes, qui ont entendu à maintes reprises les propos du ministre de l’Intérieur à leur encontre. Ils ne nous ont pas attendus pour se faire une idée à ce propos et c’est même souvent ce qui leur donne envie de réagir et de s’intéresser aux élections de 2007. Notre but est de profiter de cette réaction parfois épidermique suscitée par un tel candidat aux présidentielles pour informer et discuter autour de ces élections… Il ne s’agit pas d’être juste « contre » mais de chercher des solutions constructives, citoyennes, politiques, discutées, réfléchies pour éviter l’arrivée au pouvoir d’un homme qui nous semble dangereux sous de nombreux aspects.

Un autre article sur la rencontre avec Sefyu…

novembre 27, 2006

article-rap-300.jpg… paru dans R.A.P. R&B du mois de décembre.

Dans Le Parisien, sur le site du Monde

novembre 5, 2006

Le Collectif 2007 a organisé une rencontre entre le rappeur Sefyu et des jeunes du 19e arrondissement le 25/10/2006 sur le thème de l’inscription sur les listes électorales.
le-parisien-marie.jpgArticle paru à ce sujet dans Le Parisien du 26/10/2006 (cliquez sur l’image pour la voir en plus grand).

Article paru sur le site du Monde à ce propos également (cliquer sur le lien souligné ci-dessous).

@import url(http://medias.lemonde.fr/mmpub/css/blog.css);

Le rappeur Sefyu appelle les jeunes à voter pour “stopper Sarko”

LEMONDE.FR | 08.11.06

© Le Monde.fr