Les réponses d’Arlette Laguiller

By collectif2007

(Retrouvez le texte intégral des questions en cliquant ici : Notre pétition)

Voici ce que nous a envoyé Lutte Ouvrière, pour la candidate Arlette Laguiller.

 

Site : http://www.arlette-laguiller.org

 

Education

Il faudrait que l’Éducation nationale dispose des moyens nécessaires à sa fonction. Ce qui signifie principalement un nombre d’enseignants suffisant pour que, dans les quartiers populaires, aucun enseignant n’ait à enseigner à des classes surchargées et qu’il puisse s’occuper personnellement et individuellement des enfants qui le nécessitent.

Cela seul peut compenser autant que faire se peut, l’inégalité de départ, entre les familles des milieux matériellement et culturellement favorisés et celles qui cumulent la pauvreté matérielle avec des difficultés culturelles, voire avec le fait de ne pas parler correctement la langue.

Et cette éducation devrait commencer dès le plus jeune âge, dès la maternelle. En effet, très souvent, c’est dès le plus jeune âge qu’un enfant issu d’une famille pauvre et immigrée est handicapé pour la suite de ses études, voire pour toute la vie.

 

Travail

 

Le chômage est le sous-produit néfaste d’une société basée sur la recherche du profit maximum. Ces profits ne sont absolument pas ré-investis dans la création de forces productives nouvelles qui pourraient, non seulement mettre en oeuvre tous les cerveaux et les bras disponibles mais, en plus, fournir à la population les biens fondamentaux, ils ne servent qu’à la spéculation improductive.

Pour réduire le chômage, il n’y a pas d’autre solution que de permettre aux salariés et à l’ensemble de la population d’avoir accès, au jour le jour, aux comptabilités des grandes sociétés et des moyennes ou petites qui dépendent d’elles. Il est socialement nécessaire de contrôler les comptabilités de ceux qui détiennent tout le pouvoir économique et qui, ainsi, dirigent bien plus la société que ceux qu’on élit pour cela.

Le problème de l’emploi ne pourra être résolu que si on peut contrôler d’où vient l’argent, par où il passe, où et à qui il va, afin d’en consacrer, au moins une grande partie, à des investissements productifs au service de la collectivité tout entière.

Alors, seulement, il y aura du travail utile pour tous.

 

Quelques éléments supplémentaires :

 

Face à la précarité

Nous sommes pour un contrat unique : le contrat à durée indéterminée avec une période d’essai normale et non pas avec une période d’essai pouvant aller jusqu’à deux ans comme le prévoit le contrat unique de Sarkozy.

 

Face aux discriminations à l’embauche

Elles sont inadmissibles. Mais pour y mettre réellement fin, il faut qu’il y ait de l’emploi pour tous les demandeurs arrivant sur le marché du travail. Il faut donc, d’abord et avant tout lutter contre le chômage et plus particulièrement contre le chômage des jeunes.

 

La « démocratie » dans l’entreprise

Le « dialogue » dont vous parlez entre salariés et dirigeants d’entreprises, ne peut aboutir positivement pour les salariés, que s’ils utilisent la force de leur nombre pour faire pression sur les employeurs. Sinon, dans la période actuelle, ce « dialogue » est souvent une duperie et ne sert qu’à utiliser les organisations syndicales pour obtenir d’elles qu’elles acceptent les remises en causes des acquis des salariés.

 

Sur les stages et l’apprentissage

Les stagiaires, s’ils sont utilisés aux mêmes postes que les titulaires et font le même travail, doivent avoir, comme eux, un véritable salaire et des mêmes droits qu’eux au sein de l’entreprise, dont le droit de vote aux élections professionnelles.

 

Sur les inspections du travail

Non seulement il faudrait plus d’effectifs dans ces structures, mais il faudrait que les travailleurs des entreprises aient, eux aussi, les moyens de dénoncer la violation des droits au sein de leur entreprise. Pour cela, il faut lever le secret professionnel auquel ils sont tenus.

Logement

 

Il faut construire dès maintenant un grand nombre de logements convenables, à loyer modéré. Au rythme de 120 000 logements sociaux par an, comme le propose Ségolène Royal, il faudrait dix ans rien que pour résorber le manque actuel. Il faut et on peut, techniquement et financièrement, construire deux millions de logements en deux ans.

Le « droit au logement opposable » restera une fumisterie si l’Etat n’engage pas un tel programme massif de construction.

Il faut pour cela réquisitionner, pour cause d’intérêt général, les terrains nécessaires à la construction de logements sociaux, comme quand on construit une autoroute ou une ligne de TGV. Il faut dédommager les propriétaires non pas aux prix actuels du “marché” mais à ceux d’avant la flambée spéculative, c’est-à-dire d’il y a au moins cinq à dix ans, car il n’y a aucune raison que les classes populaires ou l’État encouragent les spéculateurs.

 

Société – social – citoyenneté

 

Pour que la police soit perçue autrement qu’elle ne l’est actuellement, il faudrait lui donner d’autres objectifs que la seule chasse aux jeunes supposés délinquants, ou la chasse aux sans-papiers. Il faut rétablir une police de proximité, dont les membres soient connus de la population.

Pour prévenir la délinquance, Sarkozy envisage seulement d’avancer à 16 ans, l’âge de la majorité pénale. Nous sommes bien évidemment contre.

Nous ne pensons pas que les liens entre villes et campagne soient rompus. Si les campagnes se sont désertifiées c’est à cause de la disparition progressive des petits agriculteurs qui, ne pouvant vivre du travail de la terre, sont allés chercher du travail en ville. Mais, tout comme les immigrés venus d’autres pays, ce n’est pas toujours de gaieté de cœur qu’ils ont quitté leur village.

Le meilleur moyen de « donner la parole au plus grand nombre » est que ce plus nombre prenne la parole. C’est d’ailleurs quand cela s’est passé dans l’histoire de notre pays que les choses ont avancé vraiment : Juin 36 ou Mai 68 sont l’exemple de ce qui est devenu possible grâce à la grève alors qu’avant, le patronat et le gouvernement disaient que c’était impossible. Au-delà de ces mouvements sociaux, les élections sont un moyen d’exprimer son opinion surtout au premier tour, mais bien sûr, les promesses électorales de ceux qui sont en position d’accéder au pouvoir sont rarement tenues. C’est pourquoi, il faudrait que ces élus soient révocables s’ils ne tiennent pas leurs engagements.

 

Droits de l’Homme et de l’enfant

Nous sommes pour la régularisation, sans condition, de tous les sans-papiers ayant réussi à venir sur notre territoire.

Nous sommes bien évidemment contre les rafles d’adultes et d’enfants aux portes des écoles, dans les transports en commun, dans les ateliers clandestins, qui ont fait la une de l’actualité récente.

 

Publicité – consommation

 

Nous ne voyons pas d’autre intérêt à rendre les enfants consommateurs dès leur plus jeune âge, que celui des entreprises et des profits qu’elles en tirent.

La seule façon de promouvoir une consommation plus réfléchie, moins impulsive et moins nocive pour l’environnement et meilleure pour la santé, est que les consommateurs aient le contrôle sur ce qui est mis sur le marché. Et pour cela, il faut contrôler en amont, les entreprises qui mettent ces produits sur le marché.

 

Globalisation – mondialisation

 

Cela existe évidemment, mais depuis bien longtemps avec la circulation des capitaux, les investissements aux quatre coins du monde, les scandales financiers. On pourrait citer le Canal de Suez et le canal de Panama, les investissements des sociétés françaises dans l’étain en Espagne ou le nickel en Nouvelle Calédonie et il faudrait relater toute l’histoire du colonialisme pour avoir une idée de ce qu’était la mondialisation au 19e et au 20ème siècle.

On ne peut pas réduire les effets de la mondialisation si l’on ne s’attaque pas aux méfaits du fonctionnement de la société capitaliste elle-même. Une société dirigée par la recherche du profit par n’importe quels moyens. Une société où la régulation entre la production et la consommation n’est faite que par le marché aveugle, par à-coups et plutôt par catastrophe que par à-coups.

On ne peut pas réduire les méfaits de la mondialisation sans contrôler le capitalisme et, bien sûr, les échanges de capitaux.

 

Réchauffement climatique – écologie

 

Une économie conduite uniquement par la recherche du profit maximum et la concurrence, engendre nécessairement un fonctionnement anarchique de la production et ne peut donc pas être respectueuse de l’environnement, pas plus qu’elle ne l’est de la population.

Les discours actuels sur l’environnement sont hypocrites parce que la société n’a aucun moyen d’imposer le respect de l’environnement aux grandes entreprises qui possèdent, dirigent et orientent toute l’économie. Ils sont aussi injustes parce qu’on rend responsable de la dégradation de l’environnement le travailleur qui est contraint de prendre son véhicule pour se rendre au travail bien plus qu’on en rend responsables les décideurs industriels qui continuent à utiliser des usines obsolètes, et qui sont seuls maîtres du choix entre énergies polluantes ou moins polluantes et leur utilisation intensive ou pas.

Le cynisme est de vouloir augmenter les taxes sur l’essence, ce qui pénalise ceux qui n’y sont pour rien, au lieu de décider, par exemple, d’augmenter les impôts sur les bénéfices des pétroliers, des constructeurs automobiles et des entreprises agrochimiques.

 

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